Après l’Europe, les voitures chinoises à l’assaut du marché canadien

Publié le : 2026-09-03

Après avoir progressivement renforcé leur présence sur le marché européen, les constructeurs automobiles chinois s’apprêtent à franchir une nouvelle étape en Amérique du Nord, avec une ouverture de plus en plus importante du marché canadien aux véhicules fabriqués en Chine.


En janvier dernier, le Canada et la Chine ont annoncé une « nouvelle relation stratégique » prévoyant notamment la mise en place d’un quota permettant l’importation de 49 000 véhicules électriques et électrifiés fabriqués en Chine, avec un tarif douanier préférentiel de seulement 6,1 %.


Une première tranche de ce quota, fixée à 24 500 véhicules, était ouverte entre le 1er mars et le 31 août 2026. Au total, 15 603 véhicules électriques et hybrides ont été importés durant cette période, soit 8 897 unités de moins que la limite autorisée.


Depuis le 1er septembre, une deuxième tranche est entrée en vigueur, avec 24 500 véhicules supplémentaires pouvant être importés au même régime tarifaire. Toutefois, les volumes non utilisés durant la première période sont également reportés, ce qui porte finalement le potentiel disponible pour cette deuxième phase à 33 397 véhicules.


Pour le moment, les autorités canadiennes n’ont pas communiqué la répartition de ces importations par constructeur. Tesla serait toutefois l’un des principaux bénéficiaires du dispositif, notamment grâce à la Model 3 Premium produite en Chine et commercialisée au Canada à partir de 39 490 dollars canadiens, soit environ 28 532 dollars américains.


D’autres constructeurs comme Lincoln, Lotus et Polestar profitent également de cette ouverture. Lincoln a notamment commencé à importer en août le Nautilus Hybrid produit en Chine, ce qui correspondrait à une partie des 259 véhicules hybrides enregistrés durant cette période.


Mais la prochaine étape pourrait être beaucoup plus importante pour les constructeurs chinois eux-mêmes. BYD, Chery et Geely travaillent actuellement sur les procédures de certification nécessaires à leur arrivée sur le marché canadien. Certains de leurs véhicules ont déjà été aperçus en phase de tests dans le pays, tandis que les premières commercialisations pourraient intervenir dès l’année prochaine.


Cette évolution pourrait donc modifier progressivement le paysage automobile canadien, en particulier sur le marché des véhicules électriques et hybrides. Contrairement à la situation actuelle, où une grande partie des véhicules fabriqués en Chine sous des marques déjà connues bénéficient du quota, les consommateurs canadiens pourraient bientôt avoir accès directement aux modèles des constructeurs chinois.


Le système mis en place présente toutefois une particularité importante : les quotas sont attribués selon le principe du « premier arrivé, premier servi ». Les constructeurs ont donc intérêt à préparer rapidement leurs véhicules et à importer un maximum d’unités afin de profiter des volumes disponibles avant leurs concurrents.


Le gouvernement canadien devrait néanmoins surveiller étroitement la répartition des quotas afin de garantir un « accès équitable » aux tarifs douaniers préférentiels et d’éviter qu’un seul constructeur ne monopolise une part disproportionnée des volumes disponibles.


Pour les marques chinoises, cette ouverture représente surtout une opportunité stratégique. Après avoir accéléré leur expansion en Europe et dans plusieurs autres marchés internationaux, elles disposent désormais d’un accès beaucoup plus favorable au Canada, un marché où elles étaient jusqu’ici fortement limitées par les mesures commerciales visant les véhicules fabriqués en Chine.


L’arrivée prochaine de BYD, Chery et Geely pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans l’expansion internationale de l’industrie automobile chinoise, alors que les constructeurs cherchent désormais à transformer leur succès sur leur marché domestique en véritable présence mondiale.

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