Volkswagen envisagerait jusqu'à 100 000 suppressions d'emplois et la fermeture de quatre usines en Allemagne

Il semble que la crise traversée par le groupe Volkswagen soit loin d'être terminée. Selon un nouveau rapport publié par le magazine économique allemand Manager Magazin, le constructeur étudierait des mesures d'austérité encore plus drastiques que celles annoncées jusqu'à présent. Celles-ci pourraient inclure le doublement du nombre de suppressions de postes, portant le total à près de 100 000 emplois, ainsi que la fermeture de quatre usines en Allemagne et une profonde réorganisation du groupe.
Volkswagen avait précédemment annoncé un plan visant à supprimer environ 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030. Ce programme concernait les salariés de la marque Volkswagen, mais aussi ceux d'Audi, de Porsche et de la filiale logicielle CARIAD. Le nouveau rapport affirme toutefois que ce chiffre pourrait finalement atteindre 100 000 postes, sans préciser si l'ensemble des suppressions interviendra avant 2030 ou s'étalera sur une période plus longue.
Bien que Volkswagen soit lié par des accords garantissant l'emploi jusqu'en 2030, et qu'Audi bénéficie d'engagements similaires jusqu'à la fin de 2033, le rapport indique que le groupe étudie désormais des options beaucoup plus radicales afin de faire face aux pressions financières et aux profondes mutations du secteur automobile.
Selon le magazine, le plan ne se limiterait pas à des réductions d'effectifs. Il pourrait également prévoir la fermeture de quatre sites industriels majeurs en Allemagne : Zwickau, Emden, Hanovre et Neckarsulm, une fois la production des modèles actuellement assemblés sur ces sites arrivée à son terme.
L'usine de Zwickau est l'un des principaux centres de production de véhicules électriques du groupe. Elle assemble notamment les Volkswagen ID.3, ID.4 et ID.5, ainsi que les Audi Q4 e-tron, Q4 Sportback e-tron et Cupra Born.
Le site d'Emden produit pour sa part les Volkswagen ID.4, ID.7 et ID.7 Tourer, tandis que l'usine de Hanovre est spécialisée dans les véhicules utilitaires et assemble les Transporter, Caravelle, ID. Buzz, Multivan et California.
Quant au site Audi de Neckarsulm, il produit actuellement les A5, A6, A8 et e-tron GT. La production de l'actuelle A8 doit toutefois prendre fin cette année, avant l'arrivée d'une nouvelle berline haut de gamme appelée à lui succéder dans les prochaines années.
Les changements envisagés ne s'arrêteraient pas là. D'après Manager Magazin, Volkswagen étudierait également une vaste restructuration de son organisation, consistant à détacher la marque Volkswagen et sa division de fabrication de composants pour en faire deux sociétés distinctes du groupe. Chacune pourrait ensuite être introduite séparément en Bourse, une opération qui modifierait profondément l'organisation de l'un des plus grands constructeurs automobiles mondiaux.
Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Volkswagen a refusé de commenter les informations publiées par le magazine, sans toutefois les démentir explicitement. Cette absence de démenti a alimenté les spéculations sur la possibilité que ces projets soient effectivement à l'étude, d'autant que Manager Magazin est considéré comme l'un des médias économiques les plus crédibles d'Allemagne et s'appuie généralement sur des sources bien informées au sein des grandes entreprises.
Si ces informations venaient à être confirmées, le groupe Volkswagen s'engagerait dans l'une des plus importantes restructurations de son histoire, avec pour objectif de restaurer sa compétitivité et de réduire ses coûts, dans un contexte marqué par le ralentissement de la demande de véhicules électriques et l'intensification de la concurrence des constructeurs chinois.

