Volkswagen réduit la voilure : vers une baisse de production d’un million de véhicules

Après avoir réussi à écouler près de 11 millions de véhicules dans le monde en 2019, et alors qu’elle se dirigeait vers de nouveaux records, le groupe Volkswagen Group est entré, ces dernières années, dans une phase plus complexe, marquée par un recul de ses performances et l’apparition de plusieurs défis ayant directement affecté son équilibre industriel et commercial. Ces évolutions ont poussé le groupe à revoir ses plans, notamment en raison de son incapacité, depuis 2020, à dépasser le seuil des 10 millions de véhicules par an, un niveau désormais en décalage avec ses capacités de production.
Dans ce contexte, le directeur général du groupe, Oliver Blume, a révélé dans un entretien accordé au magazine économique "Manager Magazin" publié ce mardi que Volkswagen envisage de réduire sa capacité de production annuelle d’environ un million de véhicules supplémentaires. Cette décision intervient dans un contexte de pressions croissantes sur l’industrie automobile mondiale, notamment les droits de douane aux États-Unis, l’intensification de la concurrence sur le marché chinois, le recul de la demande en Europe, ainsi que les tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient.
Blume a précisé que ces défis ne sont plus conjoncturels, mais constituent désormais une « nouvelle normalité », imposant à l’entreprise une adaptation structurelle. Il a également souligné que le maintien d’un excédent de capacité de production dans ces conditions n’est plus une option viable à long terme, ajoutant que les stratégies de production adoptées auparavant ne sont plus réalistes dans un marché en profonde et rapide mutation.
Dans le cadre de sa restructuration, Volkswagen cherche à réduire ses coûts jusqu’à 20 % au cours des prochaines années, tout en tentant d’éviter la fermeture d’usines. Néanmoins, cette option avait déjà été évoquée en 2024, lorsque des rapports ont fait état de la possible fermeture de trois usines en Allemagne, ce qui a conduit à des négociations intensives avec les syndicats, allant jusqu’à proposer des baisses de salaires pour préserver les emplois.
Blume n’a pas non plus exclu la possibilité de vendre certaines usines, y compris à des investisseurs ou à des entreprises chinoises, dans le cadre de la réduction des capacités de production en Europe et en Chine. Ces orientations interviennent alors que le groupe a subi des pertes importantes liées aux droits de douane américains, estimées à environ 1,5 milliard de dollars au premier semestre 2025, parallèlement à une baisse des ventes des marques Volkswagen et Audi, tandis que Porsche a maintenu une relative stabilité.
Ces éléments reflètent une phase de transition délicate pour Volkswagen, où le volume des ventes à lui seul ne suffit plus : l’équilibre entre l’offre et la demande, ainsi que la maîtrise des coûts, deviennent des enjeux majeurs qui détermineront l’avenir du groupe dans un marché mondial en constante évolution.

