Flambée mondiale des carburants : l’Algérie préserve la stabilité de ses prix

Les marchés mondiaux de l’énergie connaissent depuis plusieurs semaines une forte turbulence, alimentée par l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment avec la poursuite de la guerre liée à l’Iran et son impact direct sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette situation a poussé les prix du pétrole brut à dépasser la barre des 100 dollars le baril, parallèlement à une hausse des coûts du transport maritime et des assurances, ce qui s’est rapidement répercuté sur les prix des carburants dans de nombreux pays, en particulier ceux qui dépendent fortement des importations.
Au milieu de ces fluctuations, l’Algérie se distingue comme une exception notable, puisqu’aucun changement n’a été enregistré jusqu’à présent dans les prix des carburants et du gaz, malgré la hausse mondiale. Cela s’explique par la nature du marché local, fondé sur la production nationale, ainsi que par la politique de soutien à l’énergie qui atténue l’effet des variations des prix internationaux. Cette stabilité offre au consommateur algérien une forme de protection à un moment sensible où de nombreux pays voient leur pouvoir d’achat reculer en raison de la hausse des coûts énergétiques.
À l’inverse, le Maroc a connu ces derniers jours de fortes augmentations des prix des carburants. Les sociétés de distribution ont décidé de relever le prix du diesel d’environ 2 dirhams, pour atteindre 12,80 dirhams le litre, tandis que le prix de l’essence a augmenté d’environ 1,44 dirham, atteignant 13,93 dirhams. Ces hausses s’inscrivent dans le contexte de la montée rapide des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, ce qui confirme à quel point les pays importateurs sont exposés aux fluctuations internationales et à leur répercussion rapide sur le consommateur final.
Cette vague de hausses se poursuit dans plusieurs pays à travers le monde, les gouvernements s’étant empressés d’ajuster les prix des carburants pour suivre l’envolée des prix du pétrole. En Égypte, le gouvernement a relevé les prix des produits pétroliers à partir du 10 mars d’environ 3 livres par litre, une mesure justifiée par la forte hausse des coûts d’importation liée aux évolutions géopolitiques.
Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence a atteint environ 3,48 dollars le gallon, selon les données de l’Association américaine des automobilistes, enregistrant une hausse d’environ 50 cents, soit près de 17 % depuis le début de l’escalade, pour atteindre son plus haut niveau depuis 2024, ce qui illustre la sensibilité du marché américain à toute variation des prix de l’énergie.
En Chine, les prix de l’essence et du diesel ont été relevés d’environ 3 %, avec des mesures parallèles visant à limiter l’impact de la crise, notamment la réduction des exportations de carburant afin de préserver la stabilité du marché intérieur, dans un contexte de baisse de la production des raffineries et de perturbations des approvisionnements.
Au niveau européen, plusieurs pays ont enregistré des hausses variables. En Allemagne, les prix ont progressé d’environ 5 %, le prix moyen du super E10 atteignant environ 1,98 euro le litre, tandis que le diesel a dépassé 2,11 euros, selon les données de l’ADAC. Le Royaume-Uni a également connu sa plus forte hausse hebdomadaire depuis quatre ans, avec une augmentation de 3 %, portant le prix de l’essence à 135,67 pence le litre et celui du diesel à 149,01 pence. En France, en Belgique et aux Pays-Bas, les prix ont progressé d’environ 4 % et 2,5 %, avec des niveaux records aux Pays-Bas, où le diesel a dépassé pour la première fois 2,50 euros le litre.
En Asie, le Pakistan figure parmi les pays les plus touchés, avec une hausse brutale des prix des carburants d’environ 20 % en une seule fois, l’une des plus fortes augmentations observées récemment. Cette situation a exercé une forte pression sur les consommateurs et provoqué de longues files d’attente devant les stations-service.
Au Moyen-Orient, des pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie ont procédé à des ajustements limités au début du mois, avec de légères hausses de certains prix, tandis que d’autres préfèrent attendre jusqu’à la fin du mois de mars, dans un contexte d’incertitude persistante sur les marchés mondiaux.
L’ensemble de ces évolutions reflète l’ampleur des tensions qui pèsent actuellement sur les marchés de l’énergie, où les prix réagissent directement aux développements géopolitiques, en particulier aux menaces pesant sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Alors que la situation reste ouverte à plusieurs scénarios, les prévisions laissent entrevoir la possibilité de nouvelles hausses dans les prochaines semaines, surtout dans les pays importateurs, si les tensions persistent sans solution proche.

