Les voitures électriques en Algérie: bonne affaire ou opération à risque ? 1ère partie

Depuis leur introduction dans le nouveau cahier des charges régissant l’activité des concessionnaires automobile en Algérie, les voitures électriques font beaucoup parler d’elles. En effet, afin de favoriser la mise sur le marché des voitures électriques ou hybrides rechargeables, plusieurs pays dans le monde prévoient l’interdiction de la vente de véhicules thermiques en 2030. En parallèle, de plus en plus de constructeurs automobiles mondiaux se lancent dans les voitures hybrides et électriques.
Dans ce contexte, l’Algérie doit se préparer à l’utilisation généralisée des voitures électriques et doit veiller au bon déroulement des démarches visant la transformation d’une partie du parc roulant national en voitures électriques.
Dans ce cadre, le décret exécutif portant les nouvelles conditions d'exercice de l'activité de concessionnaires de véhicules neufs a stipulé que « les concessionnaires doivent veiller, dans leur gamme de véhicules de tourisme, à la promotion de véhicules électriques" en étant "tenus d'honorer toute commande exprimée de véhicules électriques à hauteur de 15% du total de véhicules de tourisme commercialisés ».
Cependant, l’orientation de l’Algérie vers les voitures électriques suscite beaucoup des interrogations : Est-ce que l’Algérie dispose de la technologie et du savoir-faire nécessaires au développement des bornes de recharge ? Quelles sont les possibilités de commercialisation des voitures électriques sur le marché algérien ? Qu’est-ce qu’il faut savoir sur ce type de voiture et la transition énergétique ?
Pour répondre à ces questions, nous allons faire un bref résumé sur les voitures électriques.
Premièrement : Quels sont les différents types de voitures électriques ?
Une voiture électrique est une automobile mue par un ou plusieurs moteurs électriques, généralement alimentés par une batterie, pour tout ou partie de leur propulsion.
Le terme de « voiture électrique » rassemble de nombreux concepts innovants, car plusieurs technologies existent en matière de véhicule électrique selon le type de batterie, de moteur et de pile à combustible. Pour simplifier les choses, nous allons classer les voitures électriques en trois différents types :
1) La voiture hybride classique :
Cette voiture dispose de 2 moteurs : un moteur électrique alimenté par une batterie de petite capacité et un moteur thermique (essence ou diesel), qui fonctionnent en combinaison, selon la vitesse et l'accélération du véhicule. Le moteur électrique se recharge uniquement en roulant, notamment par la récupération de l’énergie dissipée au freinage, et non pas en étant branché au réseau électrique. Elle n’exprime leur potentiel qu’en ville, car elle redevient une voiture à essence ou diesel sur autoroute.
2) La voiture hybride rechargeable, aussi appelée PHEV (pour Plug-in Hybrid Electric Vehicle) :
Cette voiture fonctionne comme la voitures hybride classique, mais avec une batterie de plus grande capacité et un moteur plus puissant. Pour recharger la batterie, il faut la brancher au réseau électrique. Pour circuler en agglomération, à faible allure, le conducteur n’utilise pas de carburant pour se déplacer. Cependant, sur l’autoroute, c’est le moteur thermique qui reprend le contrôle pour assurer la locomotion du véhicule.
3) La voiture 100% électrique, aussi appelée BEV (pour Battery Electric Vehicle) :
Il s’agit de voitures qui fonctionnent qu’à l’électricité grâce à l’association d’une batterie et d'un moteur électrique. La batterie rechargeable doit être chargée durant plusieurs heures.
Il faut noter que chaque type de voiture possède des avantages et des inconvénients selon les besoins du client et selon les normes de protection de l’environnement fixées par chaque pays.
Quel type de voiture électrique le concessionnaire doit importer ? Le nouveau cahier des charges régissant l’activité des concessionnaires automobile en Algérie ne précise pas le type de voiture électrique à importer, ainsi le concessionnaire est libre dans son choix, il pourra importer les différents types existants, ou bien un seul type, selon les objectifs fixés par l’Etat algérien et en tenant compte des infrastructures du pays.
Deuxièmement: Quel est le prix des voitures électriques ?
Pour le consommateur algérien, le prix de la voiture est plus que jamais le facteur déterminant lors de l'achat d'une voiture. En revanche, les prix des voitures électriques sont plus chers par rapport aux voitures thermiques.
Par exemple : la Toyota Corolla hybride est commercialisée à 23.600 USD, contre 20.025 USD pour la même voiture avec un moteur thermique. En général, les voitures hybrides ne sont pas très chères par rapport à leurs homologues conventionnels avec un seul moteur.
Cette différence de prix est plus importante dans les voitures hybrides rechargeables.
Par exemple : la version de base de la Golf 8 GTE (hybride rechargeable) est commercialisée à 36.010 euros, tandis que la version de base de la Golf 8 avec un moteur à combustion coûte 23.360 euros, ici les choses commencent à se clarifier concernant l’achat d’une voiture électrique.
Quant aux voitures 100% électriques, elles sont les plus chères parmi les autres catégories.
A titre d’exemple : la Hyundai Kona électrique coûte environ 37.390 USD, tandis que la Kona conventionnelle ne coûte que 20.500 USD, presque la moitié du prix, cela donne une idée générale sur les prix des voitures électriques.
Il faut noter que certains constructeurs proposent des voitures électriques bon marché pour les personnes à faible revenu, comme la Dacia Spring, dont le prix commence à partir de 16.990 euros.
Il faut savoir également que les prix susmentionnés sont des prix qui comprennent le prix de la voiture en plus du prix de la batterie, l’élément le plus important et surtout le plus cher, ainsi, les prix des voitures électriques peuvent être réduits dans le cas de leur acquisition sous forme de location de batterie, une proposition faite par quelques marques automobiles, dans ce cas, le client pourra acquérir la voiture à bas prix d'environ 20% à 30% par rapport au prix initial de la voiture, ensuite, il paye le montant correspondant au prix de la batterie en paiements mensuels.
Ici, la question qui se pose est la suivante : le client algérien est-il prêt à payer ces sommes pour acquérir une voiture électrique ? La réponse à cette question est très simple, bien sûr que non, le prix des voitures électriques n’est évidemment pas à la portée des Algériens, de plus, on note l'absence des infrastructures qui doivent accompagner ce type de voitures et l'absence des incitations gouvernementales en faveur de ce type de voiture.
Il faut également noter que le marché automobile algérien a plutôt besoin de voitures de gamme moyenne recherchée par une large catégorie de citoyens, cependant, un quota de 15% représente un pourcentage important de la quantité globale de voitures importées, sachant que le gouvernement vise à encourager l'importation de voitures de tourisme de gamme moyennes dont la cylindrée est égale ou inférieure à 1600 cm3 équivalent à 1,6 litre.
En conclusion, ces données donnent une idée sur la demande concernant les voitures électriques en Algérie, en cas où elles seront réellement importées. En effet, il n’existe quasiment aucune demande pour ce type de voitures de la part du client algérien, cependant, il pourra s’agir d’une très faible demande, qui ne concerne qu’un très petit nombre de citoyens.
C'était la première partie de notre article sur les voitures électriques en Algérie. Ne manquez pas de lire notre prochain article, dans lequel nous parlerons de l’intérêt de ces voitures, les différentes infrastructures qui accompagnent l'importation de voitures électriques, les objectifs et les orientations de marché qui peuvent influencer ce secteur.

