Le ministre de l’Industrie expose la stratégie de l’État pour la relance du secteur automobile en Algérie

Publié le : 2026-02-12

Le ministre de l’Industrie, M. Yahia Bachir, a affirmé, en réponse à une question du député à l'Assemblée populaire nationale (APN) de la circonscription électorale de Sidi Bel Abbès, M. Mir Mohamed, que le dossier de l’automobile en Algérie constitue l’un des dossiers industriels les plus complexes, en raison de l’enchevêtrement de ses dimensions économiques, réglementaires et techniques. Il a souligné que son traitement s’inscrit dans une vision globale fondée sur le réalisme, la progressivité et le strict respect du cadre juridique régissant l’activité.

Le ministre de l’Industrie a expliqué que le marché automobile a connu, ces dernières années, un déséquilibre structurel résultant de l’arrêt de l’activité industrielle antérieure et de l’accumulation d’une demande non satisfaite, ce qui a eu un impact négatif sur les prix et la disponibilité des véhicules sur le marché national.

Dans ce contexte, l’État a adopté des mesures réglementaires conjoncturelles, notamment l’autorisation d’importer des véhicules de tourisme âgés de moins de trois ans, en tant que mécanisme transitoire visant à alléger la pression sur la demande et à réguler le marché, dans l’attente de la mise en œuvre de solutions industrielles durables.

M. Yahia Bachir a révélé, chiffres précis à l’appui, que l’année 2025 a enregistré l’importation de 54 418 véhicules de moins de trois ans, en plus d’environ 42 000 véhicules neufs, affirmant que l’objectif de cette politique est de réduire la pression sur le citoyen et d’assurer la disponibilité des véhicules à des prix plus équilibrés.

Sur le plan structurel, le ministre de l’Industrie a indiqué que l’activité de fabrication de véhicules est soumise à un cadre juridique strict, incarné par le décret exécutif n° 22-384 du 17 novembre 2022, modifié et complété, qui fixe les conditions et modalités d’exercice de l’activité de fabrication de véhicules.

Ce cadre réglementaire impose un ensemble de normes techniques et économiques, parmi lesquelles l’obligation d’une fabrication effective au lieu du simple assemblage, l’atteinte progressive de taux d’intégration locale, le développement d’un réseau national de sous-traitance industrielle, le transfert de technologie et de savoir-faire industriel, ainsi que l’orientation d’une partie de la production vers l’exportation à moyen terme. La commission technique chargée de l’examen des dossiers de demande d’agrément évalue les projets sur la base de critères objectifs couvrant les aspects techniques, financiers et économiques.

Selon le ministre de l’Industrie, cette démarche a abouti à l’octroi d’agréments pour l’exercice de l’activité de fabrication de véhicules de différentes catégories, dont le projet Fiat à Oran pour la production de véhicules de tourisme et utilitaires légers, lequel est entré en phase de production conformément à un plan d’intégration progressive.

Des autorisations préalables ont également été accordées à :
- La société algéro-chinoise de construction automobile (marque Chery) ;
- Hyundai Manufacturing Algeria.

Ces deux entreprises sont en attente de l’achèvement des procédures d’obtention du foncier industriel, puis de l’agrément définitif afin de concrétiser leurs projets d’investissement.

S’agissant des usines récupérées en vertu de décisions judiciaires, le ministre a confirmé que les évaluations techniques ont montré qu’un nombre important d’entre elles avaient été initialement conçues uniquement pour des activités d’assemblage et ne répondent pas, à l’heure actuelle, aux exigences techniques et technologiques de la fabrication effective.

Sur cette base, le ministère de l’Industrie adopte une approche technique réaliste reposant sur la réalisation d’études approfondies pour chaque unité, l’évaluation de la capacité de réhabilitation industrielle, l’estimation du volume des investissements supplémentaires nécessaires, et l’évitement de toute relance précipitée non fondée sur des bases techniques solides.

Le ministère a également engagé des concertations techniques avec plusieurs entreprises mondiales détentrices de marques afin d’évaluer la possibilité d’intégrer ces unités dans de véritables projets de fabrication. Les avis techniques ont confirmé que la réexploitation de ces installations n’est possible qu’à condition d’introduire des modifications substantielles des lignes de production, de moderniser les équipements et de garantir la conformité aux normes de qualité, de sécurité industrielle et aux taux d’intégration locale.

Dans sa réponse, le ministre a également présenté des données chiffrées sur la réalité de l’industrie mécanique en Algérie, indiquant l’existence de 16 entreprises de fabrication agréées.

Il a précisé que l’attention médiatique se concentre principalement sur les véhicules de tourisme, alors que d’autres segments connaissent une activité notable, notamment la fabrication de motos (motocyclettes et scooters), de camions et de tracteurs, de matériel agricole avec des taux d’intégration dépassant 50 %, ainsi que la fabrication de remorques.

Il a souligné que la problématique réelle demeure limitée à l’industrie des véhicules de tourisme, qui se trouve encore en phase de reconstruction selon les nouvelles normes.

En outre, le ministre de l’Industrie a affirmé que l’objectif ne se limite pas à la simple remise en exploitation d’unités industrielles, mais vise la construction d’un écosystème industriel intégré faisant de l’industrie automobile un véritable levier de développement, à travers le développement de la sous-traitance industrielle locale, l’implication des petites et moyennes entreprises, la création d’emplois directs et indirects, l’augmentation de la valeur ajoutée nationale et le renforcement de l’intégration dans les chaînes de production.

Il a conclu en insistant sur le fait que le traitement du dossier automobile s’inscrit dans une vision technique et économique intégrée, fondée sur le réalisme et la progressivité, afin d’assurer un équilibre entre la régulation du marché et la construction d’une industrie nationale réelle et durable.

#Ministre Industrie # Yahia Bachir # Construction automobile # Assemblage automobile # Fiat Algérie # Chery Algérie # Hyundai Algérie
Actualité Auto

Articles similaires