Stellantis envisage des cessions et partenariats en Europe avec Dongfeng Motor

Le groupe Stellantis étudie actuellement plusieurs options pour réorganiser son activité industrielle en Europe, parmi lesquelles la vente ou le partage de certaines de ses usines avec des constructeurs automobiles mondiaux, en tête desquels Dongfeng Motor. Cette démarche intervient dans un contexte de pressions croissantes sur le secteur automobile, notamment en raison de la persistance de surcapacités de production, une situation qui affecte également de grands groupes comme Volkswagen Group.
Selon les informations disponibles, les discussions portent sur quatre sites industriels en Europe, dont l’usine de La Janais près de Rennes, ainsi que des installations à Madrid et à Cassino, en plus d’un autre site en Allemagne. Des représentants de Dongfeng ont visité ces sites au cours du mois d’avril, ce qui témoigne d’un intérêt réel pour l’étude d’opportunités d’investissement ou de partenariats industriels.
L’usine de Rennes figure parmi les sites stratégiques du groupe, où est produite la Citroën C5 Aircross, et emploie environ 2 000 personnes, ce qui fait que toute décision la concernant est suivie de près par les salariés et les syndicats. Par ailleurs, certaines sources indiquent que les négociations ne se limitent pas à une simple cession, mais incluent également des scénarios de partage des lignes de production ou d’exploitation conjointe des usines.
Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté de relancer la coopération entre Stellantis et Dongfeng, après une précédente expérience sur le marché chinois qui n’a pas donné les résultats escomptés. Cette nouvelle formule pourrait permettre le développement de projets communs incluant la production de véhicules en Europe et en Chine, afin de réduire les coûts et de renforcer la compétitivité.
D’autres entreprises chinoises ont également manifesté leur intérêt pour pénétrer le marché européen via ces usines, ouvrant ainsi la voie à plusieurs partenariats potentiels plutôt qu’à un accord unique. Cette dynamique reflète la volonté des constructeurs chinois d’accélérer leur présence en Europe en s’appuyant sur l’infrastructure industrielle existante de Stellantis.
En parallèle, ces projets suscitent de vives inquiétudes quant à l’avenir des emplois et des chaînes d’approvisionnement, notamment en cas de réduction ou de redéploiement de l’activité. De grands équipementiers comme Lear Corporation, Forvia et OPmobility pourraient être directement affectés par toute évolution des volumes de production.
Ces développements interviennent à un moment sensible, après l’annonce antérieure de l’arrêt futur de la production à l’usine de Poissy et de sa reconversion vers d’autres activités, illustrant une tendance générale à une restructuration en profondeur au sein du groupe. La direction, menée par Antonio Filosa, devrait prochainement dévoiler sa nouvelle stratégie, qui définira les orientations de la prochaine phase.
Dans ce contexte, Stellantis semble à un tournant décisif, entre réduction des coûts, réallocation de ses capacités industrielles et nécessité de préserver son équilibre sur un marché européen marqué par une concurrence intense et des mutations rapides.

