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Importation de véhicules: le cahier des charges de point de vue des concessionnaires

Le cahier des charges fixant les conditions et modalités d'exercice de l'activité de concessionnaire automobile en Algérie est toujours d'actualité. Cependant, il a fait l'objet de critiques de la part de nombreux experts et acteurs dans ce domaine. Dans cet article, nous vous présenterons les différentes critiques qui ont été faites, par les concessionnaires, sur le contenu du cahier des charges.

Qui peut investir dans l'importation de voitures?

L'article 3 stipule que l'activité d’importation de véhicules neufs, en vue de leur revente en l’état, est réservée aux sociétés commerciales dont le capital social est détenu entièrement par les opérateurs nationaux résidents.

Les concessionnaires ont indiqué que cet article limite le champ d'investissement aux résidents algériens uniquement et exclue les algériens résidents à l'étranger, ainsi, ils trouvent que cette décision est sans signification claire.

Également, les concessionnaires ou les succursales détenues à 100% par des étrangers ont été exclus, ils devront attendre qu'un autre décret exécutif soit publié pour déterminer les conditions d'exercie de leurs activités en Algérie, ce qui a été vivement critiqué par les concessionnaires concernés, qui craignent un retard dans la publication du nouveau décret, surtout que la publication du présent cahier des charges a nécessité plus de 8 mois.

Inquiétudes concernant l'avenir des concessionnaires après l'investissement

L'article 3 stipule également que l’importation de véhicules est soumise au régime des quotas, par marque de véhicules, dans le respect des critères de transparence.

Selon les concessionnaires, ce point laisse un gros point d'interrogation, en effet, les quotas n'ont pas été fixé, même le quota total qui sera répartit entre les différents concessionnaires n'est pas connu. Alors, est ce qu'il est raisonnable pour le concessionnaire d'investir dans des infrastructures appropriées pour l’exposition, le service après-vente, la pièce de rechange et le stockage..etc, qui coûtent plus de 10 milliards de dinars algériens, pour obtenir ensuite une part très limitée de voitures, dont les revenus ne peuvent pas couvrir les investissements. En outre, cela va certainement influencer les prix des voitures.

Conditions d'exercice de l'activité des concessionnaires: conditions difficiles qui ne servent ni le concessionnaire ni le client

L'article 5 de l'annexe I du cahier des charges fixant les conditions et modalités d'exercice de l'activité de concessionnaire automobile, chapitre 3, stipule que le postulant doit disposer d’infrastructures appropriée pour l’exposition, le service après-vente, la pièce de rechange et le stockage dont les superficies minimales sont mentionnées dans le tableau 1.

La plupart des concessionnaires ont critiqué ces conditions, estimant que les superficies minimales imposées sont très importantes et illogiques, et l'acquisition de ces infrastructures nécessitera un investissement important et inutile, surtout que ces infrastructures doivent être la propriété du concessionnaire conformément à l'article 12 du cahier des charges.

L'article 12 stipule que le dossier requis pour l’obtention de l’agrément définitif doit comprendre les documents attestant l’existence des infrastructures de stockage, de service après-vente, de la pièce de rechange ainsi que des enceintes d’exposition (baux de location pour les agents agréés uniquement, et actes de propriété et de concession pour les concessionnaires).

En effet, cette condition poussera les concessionnaires à la course pour acheter les biens, qui seront vendus à des prix très élevés, en plus des superficies spécifiées dans l'article 5 ce-dessus, les concessionnaires trouvent qu'il s'agit des conditions très difficiles, notamment en prenant en compte l'article 3, qui ne fournit pas de garanties quant aux quotas de voitures fixés pour couvrir les dépenses.

Concernant les agents agréés, l'article 12 stipule que la durée des contrats notariés de location des infrastructures par les agents agréés, ne peut être inférieure à cinq (5) années, ce que les concessionnaires ont jugé très exagéré, en absence de toute vision future sur l'activité d'importation de voitures, et en tenant compte du fait que cette activité n'est qu'une mesure temporaire en attendant la création d'une véritable industrie automobile.

Les dispositifs de sécurité protègent le client, mais !

L'article 23 stipule que les véhicules neufs importés doivent répondre aux normes de sécurité et de protection de l’environnement prévues parla législation et la règlementation en vigueur ou à défaut aux normes reconnues à l’échelle mondiale, (vous pouvez les consulter ici).

Les différents concessionnaires ont estimé que les dispositifs de sécurité qui figuraient dans le cahier des charges vont certainement garantir une haute qualité de véhicules, mais leur acquisition sera très chers. Cependant, cela ne servira pas le marché automobile algérien, en prenant en compte le pouvoir d'achat du client algérien qui souhaite posséder une voiture simple.

Au final, c'est le client qui va payer

Les concessionnaires trouvent que les conditions cahier des charges vont augmenter les dépenses, ce qui affectera négativement les prix des voitures, qui connaîtront, de ce fait, une augmentation significative, en raison de tout ce que nous avons mentionné ci-dessus. En outre, le client algérien se trouve, malheureusement, enfermé dans un processus conflictuel entre les concessionnaires et les conditions imposées en absence de garantie et manque de vision sur l'avenir du marché automobile algérien.

Rédacteur
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